Professeur.e.s et étudiant.e.s préoccupé.e.s par la qualité de l’éducation à l’Université d’Ottawa

Le plan de l’Université d’Ottawa pour un retour progressif sur le campus à l’automne 2021 apporte plus de questions que de réponses sur la prestation des cours. Celui-ci prévoit offrir un large éventail de cours en format bimodal. La question se pose ainsi : qu’est-ce qu’une approche bimodale ? 

Le Service d’appui à l’enseignement et à l’apprentissage définit cette approche comme étant « une combinaison de deux espaces d’enseignement distincts en temps réel (synchrone). Un espace physique dans une salle de classe sur le campus où un professeur est présent avec un nombre réduit d’étudiants et d’étudiantes (pour respecter les mesures de distanciation physique établies par Santé publique Ottawa), et un deuxième espace virtuel utilisant une technologie de vidéoconférence (Zoom ou MS Teams) pour les étudiants et étudiantes qui auront choisi de suivre le cours à distance. »

Les personnes chargées de donner ce type de cours doivent pouvoir interagir simultanément avec les deux groupes d’étudiants (en personne et virtuellement) en temps réel. Comme nous l’avons témoigné dans la dernière année, l’enseignement en ligne ou à distance nécessite des approches et des stratégies pédagogiques très différentes de l’enseignement en salle de classe. Il n’est donc pas surprenant que l’approche bimodale nécessite une approche unique en son genre afin de fournir un enseignement de qualité et efficace.

 

L’approche bimodale est largement considérée comme une forme d’apprentissage expérimentale, et est le plus souvent utilisée dans des classes de taille réduite avec la présence d’assistant.e.s à l’enseignement, afin de garantir la même qualité d’enseignement à distance qu’en personne. 

Les différents groupes de l’Intersyndicale conviennent que l’Administration centrale cherche une solution simple, rapide et rentable à un défi complexe créé par les circonstances exceptionnelles liées à la crise sanitaire, sans tenir compte de la qualité de l’enseignement et de la santé et de la sécurité des personnes concernées. Les associations étudiantes soulèvent également des problèmes d’équité avec les projets actuels de l’Administration Centrale. Selon le syndicat étudiant, l’expérience d’apprentissage sera sans doute incomparable d’un étudiant à l’autre. Pourtant, tous les étudiants vont payer les mêmes frais de scolarité élevés pour ce qui sera probablement une expérience d’apprentissage appauvrie. 

Comme alternative, la Coalition intersyndicale propose que l’Université s’engage à mettre en place des classes plus petites, dont certaines pourraient être enseignées entièrement en personne tout en respectant les directives de santé publique, et d’autres entièrement en ligne pour accommoder ceux qui ne pourraient pas retourner sur le campus. 

L’administration centrale a refusé de rencontrer la Coalition Intersyndicale pour répondre à ses préoccupations ou pour travailler en partenariat avec elle afin d’assurer un retour au campus sûr et solide sur le plan pédagogique. Certains membres de l’Administration centrale sont allés jusqu’à dire qu’une structure décisionnelle plus démocratique pour la planification du retour partiel sur le campus au semestre d’automne 2021 ne serait pas bénéfique pour l’ensemble de la communauté universitaire. L’Administration préfère communiquer avec les parties de la Coalition intersyndicale sur une base individuelle plutôt qu’en tant que groupe. 

Lors de nombreuses réunions de la Coalition intersyndicale, les syndicats et associations concernés ont convenu que les informations qui leur étaient communiquées par l’Administration sur une base individuelle n’étaient pas cohérentes. 

Dans nos dernières communications avec l’Administration, nos demandes étaient claires : 

  1. Démocratiser le processus décisionnel en vue d’un retour partiel et éventuellement complet sur le campus en créant un comité mixte, avec la représentation de l’ensemble des membres de la Coalition intersyndicale.
  2. Annuler les plans d’introduction de l’enseignement hybride/HyFlex/bimodal à grande échelle pour la session d’automne 2021. Nous suggérons plutôt de créer des sections de cours plus petites pour offrir aux membres de la communauté deux options principales, soit l’apprentissage en présentiel ou à distance. Quant au format d’enseignement bimodal/HyFlex/hybride, il serait limité à un maximum de 10 % de l’offre de cours afin de laisser place à l’expérimentation et à l’apprentissage en cette matière. 
  3. Créer un Fonds spécial COVID-19 de rétablissement en santé mentale afin d’aider les membres de notre communauté à obtenir les soins dont ils/elles ont besoin pour rétablir leur bien-être général. 

La Coalition intersyndicale reste solidaire en attendant une réponse favorable de l’Administration. Après tout, nous sommes l’Université d’Ottawa.

Lisez notre communiqué de presse ici.